Lukas Tom Blog

26. Juli 2010

Il faut sauver le soldat France.fr !

Nous avons beaucoup attendu avant de publier un article sur ce sujet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre (ou s’allumer beaucoup de pixels c’est selon) mais vu la tournure des évènements, il est nécessaire de faire le récapitulatif du déroulé et des informations qui sont disponibles à ce sujet.

Tout commence le 14 juillet donc, par une annonce en fanfare du lancement du site. Très vite, le site va être indisponible, car annoncé victime de son succès. Rien de grave pour l’instant, c’est assez classique comme phénomène (même si c’est plus courant pour des startups que pour des sites institutionnels), on se dit alors que le site va revenir très vite. Malheureusement, cela n’a pas du tout été le cas, et le site est aujourd’hui toujours indisponible, et le sera jusqu’à fin Août. Forcément, certains s’en donnent à coeur joie pour se moquer de nous (à commencer par Michael Arrington de Techcrunch, dans des … mais comment ne pas penser qu’on a donné là le baton pour se faire battre?).

Pour réagir contre cette très mauvaise publicité de la France numérique, (et, soyons honnêtes, pour profiter du buzz autour de cette histoire) certains lancent alors un site qui invite les visiteurs à pronostiquer la date du retour du site, avec comme signature “OK, France.fr est une catastrophe, mais on a aussi de super startups“. Lancé par et , 5 startups sont mises à l’honneur en bas de leur site. Mais si vous en voulez encore plus, n’oubliez pas que la liste , c’est 409 startups à l’heure actuelle.

En France, beaucoup ont cherché les responsables de cet échec. En regardant dans le cache de Google, on pouvait encore il y a peu en trouver toute la liste. Si c’est le SIG (Service d’Information du Gouvernement) qui en était le commanditaire, représenté par Mr Thierry Saussez  son directeur, et non pas le secrétariat d’état dédié à l’économie numérique, l’hébergement avait été confié à la société , alors que c’est l’agence qui a géré toute la conception. On regrettera quand même un peu l’absence de prise de position franche de . Nous avons tenté d’avoir plus d’informations, en contactant Laurent Laforge, le dirigeant de Mode d’Emploi, mais ce dernier nous a expliqué qu’il lui était impossible de communiquer avant fin Août et la remise en ligne du site. C’est certainement à ce moment là (comme pour le retour des footballeurs) qu’on pourra en savoir plus sur les parts de responsabilité de chacun.

Certains ont même essayé “d’aider” pour remettre en ligne au plus vite le portail France.fr. Des propositions d’aide que nous avons remarquées, il y a celle de Frédéric Montagnon, co-fondateur de Overblog, dans un qui lui répondait de s’adresser au SIG. Malheureusement quelque jours plus tard, la réponse était sans appel : le . Un autre a lui, grâce à sa proposition d’aide, réussi un joli coup de buzz : il s’agit du patron d’OVH dans un adressé ensuite par mail où il indique “proposer d’apporter son aide et d’héberger ce projet gratuitement durant 1 an”. A priori, il n’y a pas eu de suite à cette proposition non plus.

Dernier épisode, qui transforme cette malheureuse histoire en farce historique pour notre industrie : un bouton like qui apparait sur la page d’erreur affichée sur France.fr et qui fait la promotion de la page La question, c’est de savoir ce qui est aimé dans ce cas là : la France ? le site web France.fr ? la page d’erreur ?

Ce que l’on peut surtout regretter dans cette histoire, ce n’est pas tant le plantage technique, qui comme déjà dit plus haut, arrive de temps en temps, non ce qu’on regrette c’est surtout l’absence totale de communication franche et directe de la part du SIG. Et le bouton like rajouté aujourd’hui est un exemple de plus qu’ils n’ont rien compris aux tendances actuelles, aux medias sociaux. Il ne suffit pas de demander aux internautes de s’inscrire sur une page fan Facebook pour engager des conversations avec ces derniers. Non, cela passe plutôt par une communication ouverte et franche, et surtout pas en jouant à l’autruche en se cachant la tête sous le sable (des vacances….). Car si le SIG avait dès le départ fait son mea culpa et joué l’ouverture, nous n’en serions certainement pas là…

Quelques articles intéressant pour aller plus loin :

  • Les pour ce site, dont la moitié a été utilisée pour ce lancement
  • Itexpresso comment éviter un tel plantage au lancement
  • Une puisque Drupal a été pointé du doigt au niveau technique
  • Vous pensiez qu’on ne pouvait pas faire pire que France.fr ? Regardez (Via )



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